Lundi 9 avril 2007
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Avez-vous déjà lu Annie ?
Annie SAUMONT ? non ! ?
Au premier abord, ce qui vous interpelle, ce qui vous attire : le titre...
- Si on les tuait ?
- Enseigne pour une école de monstres ?
- Je suis pas un camion.
- Il n'y a pas de musique des sphères.
-Moi les enfants j'aime pas tellement
-Dieu regarde et se tait. etc.
Puis, au bout de quelques pages, on retourne le livre : oui, c'est bien vrai, elle a eut un prix, des prix, littéraires de surcroit : (Le Goncourt de la nouvelle, le prix de la nouvelle de la ville du Mans, le grand prix de la Société des Gens de Lettres.)...
Etonnant ? Comment a t'elle fait avec ça ? : un vocabulaire tiré des cours de récré, une syntaxe si absente qu'on ne voit plus qu'elle, des conjonctions à en rendre pesante la phrase la plus pure...
Alors on s'étonne, et on persiste... Et puis là, ça y est... on la tient, cette prose, ce charme, ou plutôt, c'est lui qui nous tient, qui nous envoûte...
Pages de vie, on touche à leur fin et c'est maintenant qu'il commence, qu'il vit en nous : le cri, celui du désepoir, celui de la folie, celui de l'ami... celui qui nous poursuit et qui ne veut plus finir, qui ne veut plus en finir dés lors que nous avons tourné la page, la dernière...
Croire que tout s'achève quand on referme ses nouvelles, c'est ne pas savoir lire entre les lignes d'Annie... Si elles, meurent, lui vivra : le cri, le cri qui nous poursuit, est un cri de victoire : tissé, lissé, tassé dans les mots, à travers la plume, la folie d'Annie...
Alors on reprend ce livre, on s'y replonge encore haltant du parcours de nos veilles et l'on replonge dans l'univers d'Annie, avec les yeux, le coeur de celui, de celle qui a su entendre à travers les mots lus, qu'il y a plus encore dans la page blanche qui suit le mot "Fin"...
Comment ne pas avoir plus tôt soupçonné toute la portée de ce vocabulaire, au demeurant si pauvre, si vulgaire même parfois ?
Comment ne pas avoir imaginé qu'on pouvait faire autant avec si peu ? Comment ne pas avoir su lire sous les mots, sous ses mots, tous ces cris, ces silences (ses cris ? ses silences ?) qui nous envahissent et qui nous rongent, après ?...
Comment pouvons-nous ressentir autant avec des mots, des phrases que nous n'aurions jamais osés écrire ?
Comment ?...
Comment...
Voilà où nous mène la fréquentation d'Annie...
Voilà à quoi elle vous mènera si vous osez entrer dans son univers, succomber à ses recherches, notre recherche, celle des sentiers battus de ceux et de celles qui n'en peuvent plus des "parce que", des "c'est ainsi qu'il faut"...
Attention, si vous ouvrez un de ses livres, c'est lui qui ne vous lâchera plus !

